Spectacle, L’histoire de l’ombre de l’âne. Photo prise par Tognidaho lors de la répétition publique à Ouagadougou en septembre 2018.

BURKINA FASO/ Spectacle de sortie de promotion : « L’histoire de l’ombre de l’âne » ou l’ombre de la tragédie

Le public de l’espace culturel Gambidi est ému. Cela, grâce à la 4e promotion de l’Ecole supérieure de théâtre Jean Pierre Guingané. A l’occasion de sa sortie, elle a mis en scène « L’histoire de l’ombre de l’âne ». Le spectacle a eu lieu les 06 et 07 octobre. Il faut retenir que les petites querelles peuvent dangereusement nuire.

Il était une fois, « un homme, arracheur de dents », voulait voyager vers une ville voisine. En ce temps, il n’y avait pas des moyens modernes de transport. Le dentiste loue alors un âne, et tous les trois, c’est à dire, l’homme, le propriétaire de l’âne et l’âne se mettent en route.

Il fait beau, la nature et ses merveilles facilitent la traversée de nos voyageurs. Malheureusement, cela sera de courte durée. Vers midi, le soleil est au zénith. Le dentiste se déshydrate peu à peu, a soif et cherche en vain une source pour se désaltérer, mais hélas, c’est une peine perdue, le comble est qu’il n’y a même pas un arbre à l’horizon. Il décide alors d’arrêter l’âne. Il dépose le bât et s’installe à l’ombre sous le ventre de l’animal pour se reposer. L’ânier est contre cette idée. Le dentiste a payé pour le voyage et non pour l’ombre de l’âne et s’il veut se reposer, il doit payer pour l’ombre de l’âne. Et c’est ainsi qu’est née la dispute qui sera par la suite une crise sociale car même le juge de la paix n’a pu trouver un juste milieu dans cette affaire dite « le procès de l’ombre de l’âne ».

Le procès va diviser la ville en deux camps et, chaque camp est prêt à tout, pour gagner le procès. L’ânier est allé jusqu’à vendre sa femme pour avoir de quoi payer son avocat afin de remporter le procès.

Par conséquent, comme le stipule l’adage bien connu, selon lequel, le malheur des uns fait le bonheur des autres, une société de vente d’armes d’une ville lointaine va profiter de la situation pour vendre des armes aux belligérants. C’est le capitaine Tiseuf, surnommé « le feu qui brûle », « le justicier », ou encore, « l’ombre de la mort » qui sera en charge de cette mission. Une fois dans la ville d’Athènes, il va vendre ses services aux deux camps.

Dans l’ignorance, la vengeance, la recherche effrénée de la victoire, etc., fils et filles ont payé pour sombrer leur ville dans le chaos et y faire régner la mort car la ville est réduite au final en cendre.

Violence, intolérance, trafic d’armes, violence conjugale sont, entre autres, une panoplie de thèmes peint par Durrenmatt, dans « l’histoire de l’ombre de l’âne ». Un spectacle mis en scène, par Marina Spreafico et joué par 9 comédiens que sont Hafissata Coulibaly, Nadine Diounou, Judith Kima, Albertine Koama, Gaël Mavambu, Fayhisale Nana, Yondi-Obana, Brice Poda et Tipoko Zongo. Ils ont à travers leur jeu d’acteur, su faire voyager les spectateurs vers une ville qui a connu une histoire tragique. Ceci dans l’optique de leur rappeler la nécessité de la paix. Une paix sans laquelle le bonheur social perd de sa valeur, une paix qui doit être au centre de nos actions quotidiennes pour une meilleure cohabitation sociale.

Judith TCHIMADI

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