Le spectacle « 7 milliards de voisins » Crédit photo: Tognidaho

Burkina Faso/ scènes émergentes : « 7 milliards de voisins » ou l’ultimatum de vivre ensemble

Dans la nuit du 24 septembre 2018, l’espace culturel Gambidi était garnie de monde. Pour cause, la série de spectacles programmés dans le cadre des 70 ans de l’Institut international du théâtre qui se tient du 22 au 30 septembre. La pièce « 7 milliards de voisins » du béninois Giovanni Houansou était à l’honneur ce lundi soir. Elle a été mise en scène par Carlos Adékambi Zinsou et jouée par un trio de comédiens. C’était un spectacle empreint d’humour qui a fait vibrer de rire les spectateurs. Cependant, Au delà de son caractère comique, cette représentation est une véritable leçon de vie sur la cohésion sociale.

«Entre deux individus, l’harmonie n’est jamais donnée, elle doit indéfiniment se conquérir », disait Simone de Beauvoir. Mais il semble qu’on ait renoncé à cette conquête de sorte que tolérance, cohabitation sociale ne sont plus les mots d’ordre du monde contemporain. Et c’est le fruit du manque de ces valeurs qui conduit à des infernales conséquences désastreuses. C’est du reste le message véhiculé par le dramaturge béninois Giovanni Houansou dans sa pièce théâtrale « 7 milliards de voisins » jouée par le trio de comédiens que sont Cybelline de Souza, Victor Goudahouandji et Carlos Zinsou tous du Bénin. Avec un jeu d’acteur captivant, ils ont su tenir en halène les spectateurs pendant environ 1 heure du temps.

Tiem Mambagué, spectateur, ne dira pas le contraire lorsqu’il soutient tout ému à la fin de la soirée que « c’est un spectacle très émouvant, dramatique et comique. J’ai apprécié la mise en scène. Les comédiens ont su incarner leur personnage. J’étais en même temps aux rires et aux pleurs vu l’histoire qui se racontait par rapport à la guerre, à la souffrance… », a-t-il affirmé.

« 7 milliards de voisins », c’est l’aventure de deux jeunes étudiants, Polo et Igor, qui se retrouvent en début d’année assignés à la même résidence universitaire et qui ne parviennent pas à s’entendre. Et c’est dans la mésentente que s’invite dans leur univers, Helena, une « blessée de guerre » qui finira par les arnaquer.

Contraint à vivre ensemble durant l’année scolaire, ces deux jeunes hommes sont comme on le dit souvent « chien et chat ». Tout est sujet de dispute, jamais d’accord. C’est dans cet environnement peu convivial que Helena va trouver refuge. Dans l’optique de mettre fin à cette ambiance de champ de bataille qui règne dans la cabine de Polo et Igor, Helena décide de leur raconter toutes les horreurs qu’elle a vécue pendant la guerre.

Elle décrit alors les scènes de guerre dans les moindres détails jusqu’au point où les deux étudiants croyaient se retrouver au front où se déroulait la bataille. Face à de telles monstruosités Polo était déprimé et Igor dégoûté. Helena profite de la situation pour simuler sa propre mort. Les deux jeunes découvrent que la « blessée de guerre » est héritière d’une fortune. Ils cherchent alors voies et moyens pour bénéficier de cette richesse. Dans cette euphorie, Igor et polo sortent de leur cabine à la recherche d’une solution sans se soucier du cadavre de Helena. Cette dernière profite de leur absence pour leur dérober la somme de six cent milles (600 000) destinée à payer la scolarité de Polo, avant de prendre la poudre d’escampette.

Dans le désespoir Polo et Igor se rendent compte de la supercherie de leur invitée sans carte. Ils ont certainement appris la leçon et surtout compris que la vraie vie, c’est la vie fraternelle marquée d’une bonne communication et d’une bonne cohabitation.

Alors comme le dit si bien Omraam Mihael, « travaillez sur vous-même afin de développer les qualités psychiques, morales qui vous permettront de mieux comprendre et accepter les autres. Car c’est cela l’essentiel : apprendre à vivre avec les autres ». Et la récurrente question du vivre ensemble est ainsi soulevée, invitant chacun à des concessions.

Judith TCHIMADI / Ouaga 2018

 

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