Bénin/ Exposition d’art : Des artistes (re) construisent le passé des Amazones
Bénin/ Exposition d’art : Des artistes (re) construisent le passé des Amazones

Bénin/ Exposition d’art : Des artistes (re) construisent le passé des Amazones

En prélude à la deuxième édition de l’événement ‘’LES ECHOS DE LOBOZOUNKPA, le Centre a procédé, dans la soirée du 08 décembre 2017, au vernissage d’une exposition autour du thème ‘’AMAZONES’’. Cette exposition qui constitue non seulement une marque de reconnaissance à la bravoure des femmes guerrières qui ont combattu pour la défense du royaume de Danxomè, mais aussi à la femme contemporaine qui lutte et rivalise avec l’homme dans la vie professionnelle. Elle durera du 09 décembre 2017 au 27 janvier 2018.

Faisant un clin d’œil dans l’histoire, le Centre de Lobozounkpa entend ressusciter dans la mémoire de la jeunesse, l’engagement, la bravoure mémorielle des femmes guerrières qui ont contribué à la gloire du royaume de Danxomè. L’objectif visé pour cette célébration est un encouragement et une reconnaissance profonde à l’égare des Amazones du Bénin d’aujourd’hui.

Amazones qui ne se servent plus des lances pour gagner des guerres pour le royaume, mais plutôt qui gagnent des guerres au quotidien pour nourrir leurs enfants et leurs époux contribuant ainsi au développement du pays.

Oeuvre de Rémy Samuz

Dix artistes à savoir : Audace Aziakou, Moufouli Bello, Sébastien Boko, Mark Brusse, Senami Donoumassou, Joannès Mawuna, Sophie Négrier, Remy Samuz, Totché Nathanael Vodouhè et Mounia Youssef ont à travers leurs créations, fait le rapprochement entre les Amazones d’hier et celles d’aujourd’hui. Sculptures, vidéo, photographie, danses, installations… sont autant de disciplines mises à contribution pour mettre en lumière des potentialités et des qualités féminines cachées.

« Nous avons la chance d’avoir des artistes contemporains béninoises et béninois qui ont questionné ce sujet et qui ont fait une exposition pour montrer et démontrer comment l’énergie des Amazones est importante pour nous apporter aussi bien en culture et en développement ici au Bénin » a souligné Dominique Zinkpè, le Directeur du Centre de Lobozounkpa.

En effet, dans le Jardin à sculptures, se dresse une impressionnante sculpture de femme en fibres métalliques, tissés. Cette œuvre transparente montre une guerrière avec une arme en main. Donc en situation de combat. Baptisée ‘’AMAZONE’’, elle porte la signature de Rémy Samuz.

Dans la salle d’exposition, quelques sculptures inspirées des masques Guèlèdè, évoquent le rôle de la femme dans la société Yoruba.

D’un autre coté, une série de photographies dénommée : ‘’Gnonnou Assouka’’ réalisée par Joannès Mawuna, présente des femmes exerçant les-mêmes métiers que les hommes. Pour lui, les Amazones contemporaines sont des femmes mentalement fortes et physiquement fortes. Ce sont également des femmes qui aujourd’hui ont le courage d’aller apprendre les métiers dits d’hommes. L’artiste photographe tient à préciser que : « un métier n’a pas de sexe et l’orientation scolaire des filles ne doit plus se baser sur le genre. »

Un peu plus loin, on découvre une installation de Mounia Youssef nommée ‘’avant Moi j’étais Moi’’. C’est une exposition de seize (16) photos en noire et blanc valorisant la beauté de la femme noire. A travers cette exposition, l’artiste photographe parle de la réappropriation identitaire corporelle physique de la femme noire. Pour Mounia Youssef : « Une femme battante, c’est une femme qui réussit dans la vie bien évidemment, mais c’est aussi une femme qui réapproprie son corps en tant que femme noire. ». Mounia Youssef a développé dans ses clichés, plusieurs attributs du corps de la femme à savoir : les cheveux crépus, la peau basanée, la bouche pulpeuse… Séduit par le travail de Mounia Youssef, Sèmèvo, un visiteur, apprécie : « c’est une autre manière de montrer le nu. J’ai vu beaucoup de nus de pas mal d’artistes, mais ceci est frappant. C’est magnifique. »

Hubert KIDJASSOU

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