Bénin-Exposition collective à « Le Centre » : 3 univers artistiques en fusion le 30 prochain

En prélude à la prochaine exposition collective à l’espace culturel et artistique Le Centre, il s’est tenu une visite des ateliers suivie d’une discussion (work in progress) avec les artistes en résidence de création. C’était dans la matinée du vendredi 16 août 2019 à Lobozounkpa.

3 artistes plasticiens d’horizons divers sont en résidence de création à l’espace culturel et artistique Le Centre. Il s’agit du Martiniquais Jean-François Boclé, de la Béninoise Sènami Donoumassou et du Kényan Kaloki Nyamai. Cette résidence de création s’inscrit dans le cadre de leur exposition collective dénommée « D’une courte voix du monde ». En présence d’un public mixte majoritairement constitué d’artistes, d’étudiants en Art, de journalistes, et autres amoureux d’art, les artistes ont présenté le menu de leur exposition.

Avec sa technique axée sur la lumière, Sènami Donoumassou parle du passage de l’être humain sur terre. Elle fait une comparaison entre la bougie et l’Homme. Pour Sènami, comme la flamme d’une bougie, le parcours d’un être humain est inconstant et se dandine selon les épreuves et expériences de la vie. Aussi questionne-t-elle l’au-delà et établit un lien entre le monde des vivants et celui des morts. Selon l’artiste, avoir une pensée à l’endroit d’un mort lui redonne vie. « Les souvenirs connectent les morts au monde des vivants », pense la plasticienne. Ceci elle compte le démontrer à travers une installation interactive. L’artiste prévoit impliquer les visiteurs dans son œuvre afin que ces derniers y prennent une part entière.

Tournant autour du symbolisme, le travail de l’artiste kényan Kaloki Nyamai est axé sur la période précoloniale. Des mots et des phrases phares ayant marqué l’histoire figurent dans son œuvre. Son travail montre comment tel un feu, la colonisation consume les valeurs ancestrales. Avec cette œuvre, il cherche à conscientiser en rappelant à l’Africain son mode de vie avant l’arrivée de la civilisation étrangère. « C’est une aberration que de dire que les Africains n’avaient aucune civilisation, qu’ils ne savaient ni lire ni écrire » se désole le plasticien.Pour lui, toutes les vérités ne sont pas dans les livres. Retourner à la racine pour une véritable quête d’identité est son souhait.

Comme lui, Jean-François Boclé s’intéresse aussi à un fait marquant de l’histoire. Il s’agit de l’esclavage. Inspiré par son origine antillaise, il fait des séries de dessins (illustrant des mains et des bananes) pour exprimer des points de vue mais aussi pour dénoncer les affres de cet assujettissement. Ses dessins renvoient dans les plantations pour montrer les conditions difficiles de travail tant dans les Antilles que dans le reste du monde. Jean-François Boclé a également présenté une performance intitulée « J’ai traversé l’océan » en hommage aux esclaves.

Le vernissage de l’exposition « D’une courte voix du monde » est prévu pour se tenir le vendredi 30 août 2019 à 19h à la galerie de l’espace Le Centre.

Inès Fèliho

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