Achille Ouattara, artiste musicien burkinabé. Crédit_Tognidaho

Bénin-Concert à l’Ifb de Cotonou : Faso Funky, une ivresse musicale

Un chaleureux vent musical a soufflé dans la nuit du vendredi 19 avril 2019 sous la paillote de l’Institut français du Bénin site de Cotonou. Fruit d’une collaboration entre artistes de divers horizons ce concert s’inscrit dans le cadre du projet « Faso Funky », porté par le bassiste burkinabé Achille Ouattara et est un condensé de rythmes traditionnels africains et occidentaux. Retour sur cette sensationnelle soirée de partage musical.

Tout feu tout flamme ! Les musiciens Achille Ouattara, Renaud Crols, Désiré Some et Moïse Ouattara ‘’embrasent’’ la scène de la paillote de l’Ifb de Cotonou avec leur concept dénommé « Faso Funky ». Comme promis quelques jours avant le concert, Achille Ouattara et les siens servent avec fluidité une fusion d’afro jazz, de blues, de rock n’roll et de rythmes traditionnels béninois très dansant.

2h durant,ces musiciens font sensation et conquièrent tous les spectateurs avec au total 11 titres dont « Yafa », « Ko be na touma », « Tama », « Faso Funky » et « Djanto ». Sur certains de ces morceaux, ils se font accompagnés par quelques musiciens béninois. Une collaboration très apprécié par les spectateurs.

C’est le lead vocal de l’orchestre,Achille Ouattara qui exécute les chansons de ce concert où, les sons d’instruments priment sur ceux de la voix. De sa belle voix, il fait frémir plus d’un avec le concours de Moïse Ouattara à la batterie,

Le violoniste belge Renaud Crols. Crédit_Tognidaho

Renaud Crols au violon et au piano puis Désiré Some à la guitare solo. Tel un griot, Achille promène les spectateurs dans la culture mandingue de chez lui. Mais s’il est une chose que cet artiste burkinabé manie mieux que sa voix, c’est bien évidemment la guitare basse. D’un morceau à un autre Achille Ouattara prouve ses talents de grand bassiste aux spectateurs. Avec fougue, il se déchaine et transporte les spectateurs d’un continent à un autre et ce, au son de sa guitare qu’il porte soigneusement en bandoulière.

Mais apparemment Achille Ouattara n’est pas le seul à se laisser envahir par sa passion sur la scène. Il est fortement concurrencé par Renaud Crols. Ce musicien belge est un véritable passionné. Avec ces mimiques, il attire fortement l’attention et se démarque des autres musiciens. Muni de son violon ou assis devant son piano, cet artiste séduit tout simplement par sa performance. Il se laisse aller à sa muse et donne du plaisir au public. Tel un adepte vodou en transe, le violoniste et pianiste oubli tout autour de lui et vit son ‘’moment de gloire’’ comme si c’était l’ultime. Renaud Crols, c’est avant tout un musicien qui sait se faire plaisir. Sur certains morceaux, resté assis devant son piano ne lui convient guerre. Il préfère rester debout pour à la fois bouger son corps et s’atteler à la résonnance de ses claviers. « Il faut se donner du plaisir avant d’espérer que le public n’apprécie ce que l’on fait » confie-t-il plus tard dans les coulisses pour justifier sa frénésie sur scène.

Une collaboration captivante.

le bassiste burkinabé Achille Ouattara et la chanteuse béninoise Koudy. Crédit_Tognidaho

Les musiciens béninois quant à eux ne sont pas en reste des sensations. Avec Kabirou à la percussion, les chanteuses Koudy et Nayel donnent une couleur plus traditionnelle à ce concert en exécutant des morceaux en langues Yoruba et Fon. Ensemble, les artistes fusionnent plusieurs instruments (modernes et traditionnels) pour donner un mélange exceptionnel qui enchante apparemment le public de l’Ifb.

Après ceux-ci, trois autres musiciens à vent que sont Junior (au saxophone), Abraham (au trombone) et William (à la trompette) montent sur la scène. L’apothéose ! Cette collaboration qui est d’ailleurs la toute dernière de la soirée envoute les mélomanes. Certains spectateurs ne pouvant se mettre au-devant de la scène soit par timidité ou soit par manque d’espace se laissent quand même aller à leur euphorie. Ils se créent une piste de danse non loin de la paillote et se font plaisir.

Suite à cette collaboration, l’orchestre s’éclipse laissant derrière lui un public visiblement encore assoiffé qui reste collé au banc de la paillote. Un départ brusque qui semble prémédité pour donner de la couleur à la soirée. Car au bout de 2 minutes, les musiciens,à la demande du public, ressortent des coulisses puis rejoignent respectivement leur poste. Et c’est repartit pour un mini show d’à peine 15 minutes avec le titre « Wilikodjo » qui signifie lève-toi. Sur ce titre, l’orchestre clôture en beauté le concert. Finalement fixés sur leur sort, les spectateurs restent quand même un bon moment sous la paillote pour s’échanger leurs impressions.

Inès Fèliho

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